Mongolie : Aïrak milk ?


06 Aout 2013 : Mongolie – 2ème partie

Pendant ces jours à Ulan Bator, on a fait la rencontre d’une femme mongole qui parlait français : Hanna. Cette dernière nous propose de nous organiser un séjour au sein de sa famille éloignée de nomades. On y resterait donc environ 8 jours et une balade à cheval de plusieurs jours serait également organisée.
Le matin du départ, Félix, Ben et moi, on retrouve Hanna et 2 membres de sa famille qui nous accompagneront jusqu’au campement ou nous serons accueillis. La route est longue en particulier à 3 serrés sur la banquette arrière… On roule toute la journée en s’arrêtant brièvement pour déjeuner. Mais les paysages sont toujours aussi magnifiques ce qui permet de passer le temps.
TDM - MongolieFinalement on arrive à Arvayheer de nuit, et là on apprend qu’il ne sera pas possible d’arriver au campement et qu’il faut planter la tente sur les cailloux au bord de la route…
Le lendemain, on est réveillé un peu avant l’aube pour lever le camp et continuer le trajet.
La route change peu à peu : elle était goudronnée aux environs de Ulan Bator, elle s’est vite transformée en piste en terre, maintenant c’est simplement une trace faite avec les multiples passages de roues. La voiture a vraiment du mal à passer sur ce type de terrain, on doit descendre de la voiture à plusieurs reprises pour pouvoir avancer, finalement elle s’embourbe dans un ruisseau.
TDM - MongolieHop là, et de 2 voitures en panne !
Comme d’habitude dans ces cas là, on demande de l’aide au ger voisin pour se tirer de là.
Finalement on arrive tant bien que mal à Uyanga : un petit village ou on s’arrête pour manger un peu chez d’autres membres de cette famille nombreuse ! On en profite pour changer de voiture : pour une 4 roues motrice cette fois… La route est toujours aussi défoncée, et pour la dernière ligne droite, c’est à dire pour la traversée de la dernière rivière…… beh… et de 3 !!
TDM - MongolieHeureusement on était à coté du campement, du coup toute la famille ainsi que les amis dans le ger voisin descendent pour donner un coup de main. Tout le monde pousse, un cheval est réquisitionné pour tirer la voiture, finalement elle s’extirpe des eaux!
On passe la fin de la journée dans le camp de ger. On plante la tente à coté des ger de la famille.
TDM - MongolieLa sérénité est de retour seulement lorsque les nomades restent et les autres qui nous ont accompagnés s’en vont. On commence à voir leur manière de vivre, ils nous font découvrir tous les animaux qu’ils possèdent : chevaux, chèvres, yaks et leur chiens bien sûr. A l’heure de la traite, les petit chevreaux sont tellement affamés qu’ils essayent de nous téter le pouce.
On goûte à la réelle cuisine des nomades : tout provient de leur animaux. Et la plus grosse partie de leur alimentation est faite à base du lait des yaks ou des juments : du lait, du lait fermenté, du thé au lait salé, du beurre, du yaourt, du fromage, et ils distillent même le lait pour en faire de l’alcool !
Le lait de jument fermenté = aïrak, est offert en quelque sorte en signe de bienvenue à chaque fois que quelqu’un rentre dans le ger.
On goûte aux buzz (= sorte de ravioli à la viande de mouton et à l’aïl) faits maison cuits à la vapeur au feu de bois.
On apprends aussi les coutumes de la population : toujours s’échanger les aliments avec la maint droite, rentrer dans le ger avec le pied droit, dormir dans le ger avec les pieds en direction de la porte, le goulot de la théière doit pointer dans le sens opposé du foyer, etc…
La famille se compose de Tsegi qui a 25 ans et qui parle un peu anglais, et qui est adorable, très chaleureuse, serviable, souriante. Elle a un bébé de 1 an : Bayraa. Sa soeur Budee de 14 ans était encore plus adorable, et curieuse de tout. Elle essayait d’apprendre l’anglais et quelques mots de français. Ensuite le frère Genden le «horseman» de 27 ans. On sent qu’il a le cœur sur la main mais il est beaucoup plus froid que ses 2 sœurs, et on apprendra un peu plus tard que c’est en fait un gros bourrin de base. Il ne parle pas anglais mais on parvient à se comprendre avec des gestes. Et enfin, Tserendorj le grand père de 97 ans qui passe son temps à prier et à dormir. Il essayait de nous parler en russe..!!
TDM - MongolieOn passe les 2 jours qui suivent avec eux, à comprendre comment ils vivent, à apprendre leur savoir-faire et leurs habitudes, et à profiter du paysage alentours. C’est absolument génial !
TDM - MongolieLes petits voisins sont aussi super marrants et très curieux.
TDM - MongolieA moment donné, Genden et le voisin nous montrent comment on débourre un jeune cheval à la mongole. En théorie, c’est assez simple : ils y montent tout simplement dessus comme des barbares, puis s’en suit un énorme rodéo jusqu’à ce que le cheval soit épuisé… Le but du jeu c’est de tenir plus longtemps que le cheval ! Et il y arrive ! C’est hallucinant !
TDM - MongolieLa journée suivante est passée à la préparation de la randonnée à cheval de 3 jour : Genden, Felix, Ben, et moi allons au village voisin à cheval pour faire des provisions.
On s’attendait à avoir quelques indications ou du moins des conseils de la part de Genden sur ce qu’on devait acheter… mais non ! Quand on lui a demandé ce qu’il voulait manger, il a simplement ajouté une bouteille de vodka au panier…
Sur le retour, Félix sent que 3 jours à cheval sera trop rude pour son entre-jambe et il décide de revenir sur Ulan Bator le lendemain matin. On s’apercevra plus tard que c’est lui qui a été le plus malin…!
En partant à cheval, on constate qu’ils n’ont pas vraiment le matériel nécessaire: on s’attendait à avoir un cheval pour porter les sacs et la nourriture… En fait on était à 4 chevaux :
– le mien
– celui de Ben
– celui de Genden avec 2 sacs de patates empruntés dans un ger voisin accroché à sa selle, avec à l’intérieur quelques affaires à nous et la nourriture
– celui du voisin qui était là certainement pour tenir compagnie à Genden, avec nos deux sacs qui ballottent de part et d’autre du cheval et attachés à l’arrache avec une vieille corde.
On commence la randonnée, au début c’est douloureux, mais ça passe… Je tiens à préciser que les selles qu’on a utilisées sont les vrais selles utilisées par les mongols. (la plupart des touristes qui vont faire du cheval en Mongolie utilisent des selles Russes, et n’ont pas le «luxe» d’essayer ces selles). En gros, c’est simplement 4 planches, avec seulement une sorte de moquette pour ne pas être assis directement sur le bois, évidemment cette moquette est fixée avec 4 gros écussons métalliques bien durs, et elles sont particulièrement étroites… Très étroites… Inutile de préciser qu’il est impossible de régler la hauteur des étriers… Donc en gros, pour simplifier : un outil de torture !
TDM - MongolieLes paysages sont magnifiques, on passe par des steppes puis on traverse des forêts puis on monte en altitude avant d’arriver sur des hautes montagnes. On traverse des rivières, on passe des cols… Donc franchement un paysage varié et magnifique.
Mais la plupart du temps, on est au trot, c’est à dire la vitesse la plus « efficace » c’est à dire qu’elle permet d’aller le plus vite possible et fatiguant le cheval le mois possible… Mais c’est aussi, et de très loin, la vitesse la plus inconfortable pour le cavalier…
Au bout de quelques heures, la douleur se fait ressentir…. pour finalement devenir insoutenable, surtout en descente. Mal aux jambes, aux fesses, au dos, mais pour parler crûment, le pire reste le mal aux couilles… Franchement j’ai cru que j’allais les perdre, et elles ont finies complètement violettes…
Malgré nos cris de douleur, notre guide et son compère sont toujours devant et ne nous attendent jamais, toujours au trot. On est obligés de suivre tant bien que mal, l’autre alternative étant de se perdre dans la forêt car il n’y avait aucun sentier.
Finalement on finit au crépuscule à notre point d’arrivée : la plus grande cascade de Mongolie….. encore..!! Mais bon, pas grave, c’était la rando à cheval qui était importante.
TDM - MongolieOn apprend alors qu’on vient de faire 80km à cheval, en une journée et sur des selles en bois! On apprendra plus tard qu’habituellement il faut 3 jours aux touristes « classiques » pour faire cette étape… On a toujours aucune idée avec Ben ce qui a bien pu leur prendre pour décider de faire 3 étapes en 1 seule journée… Inutile de dire qu’on a profondément haï Genden pendant ces 3 jours à cheval !
Le lendemain matin, on prend quelques minutes pour profiter de la cascade.
TDM - MongoliePuis on repart à cheval.
TDM - MongolieOn part très tardivement car nos 2 guerriers huns squattent dans une yourte toute la matinée et tout le début d’après-midi. Ils nous disent de replanter la tente à coté et de se reposer… Finalement on part super tard et entre temps la pluie est arrivée… Du coup ils décident d’aller encore plus vite que la veille… Impossible de s’arrêter ne serait-ce que pour enfiler un imperméable… Finalement on arrive à notre point de bivouac au crépuscule. On monte la tente sous la pluie. Entre la pluie qui a trempé les vêtements qu’on portait, et les traversées des rivières qui ont trempées nos vêtements dans les sacs, on n’a plus grand chose à mettre, et la nuit a été bien froide…!
Avant de partir pour la troisième journée de cheval, on s’aperçoit qu’on a dormi à coté de résurgences naturelles d’eau chaude. Putain, pourquoi ils nous l’ont pas dit la veille au soir ! Puis on repart pour une très longue étape de nouveau. On passe des cols et les paysages sont magnifiques, mais j’avoue qu’avec un mal aux couilles insoutenable et constant c’était difficile de profiter! Bien dommage…
TDM - MongolieA la pause repas, on profite du soleil qui est enfin de retour, et on se baigne dans un lac : froid mais tellement agréable ! On en profite pour faire sécher quelques vêtements.
TDM - MongolieOn finit par revenir enfin au campement de ger de la famille. Avec les deux sœurs adorables qui nous attendent avec le sourire. On est heureux que la torture soit enfin terminée ! Et les sourires reviennent très vite!
TDM - MongolieOn a pris toute la journée qui a suivie pour se reposer dans la tente, on en avait bien besoin !

Le lendemain, on repart avec Genden et son compère pour visiter le parc des 8 lacs, mais cette fois, on y va à moto !
TDM - MongolieOn arrive sur un pic à plus de 3000 m avec la vue sur les lacs. On décide de laisser la moto un peu plus bas et de monter à pied sur le pic voisin. Et on s’est rendu compte que notre guerrier hun, qui faisait le malin au début, n’est finalement pas si costaud lorsqu’il est privé de son cheval, et on l’a complètement laminé sur la montée du pic ! C’est con à dire mais après nous avoir considéré comme des fillettes lors de la rando à cheval, je crois qu’on a un peu gagné son respect sur ce coup là !
Finalement on descend jusqu’aux berges du lac. Tout l’endroit est très joli et surtout très sauvage.
TDM - MongolieOn rentre finalement au campement en se trempant les pieds à moult reprises en traversant les rivières.

Ces 8 jours avec nos amis nomades aura été pour nous quelque chose de très fort et qui aide à relativiser, et qui nous a poussé bien BIEN au delà de notre zone de confort. Pour donner un exemple très simple : les vêtements. Habituellement j’ai un sac de vêtements propres, et un sac de vêtements sales. Je me suis très vite retrouvé avec un sac de vêtements sales, et un sac de vêtements très sales… Et j’ai fini le séjour avec un sac de vêtements très sales, et un sac de vêtements très sales et trempés…

Le lendemain, le retour sur Ulan Bator était assez folklorique aussi… Le matin, je mets ma dernière paire de chaussette sèche, que j’emballe dans un sac plastique à chaque pied avant de mettre les chaussures : j’ai retenu la leçon de la veille, je ne voulais pas avoir les pieds mouillés toute la journée. D’autant plus que les premières neiges commençaient à arriver en Mongolie… On part à moto, au bout de 10 minutes on doit traverser 3 rivières, la moto s’embourbe, obligé de traversé à pied… sac plastiques ou pas, je suis complètement trempé jusqu’à mi-cuisses! Arrivés au village d’Uyanga, on doit prendre une fourgonnette jusqu’à Arvayheer… Cette fourgonnette en profite pour charger environ 400 peaux de moutons encore toutes sanglantes et dégoulinantes sur le toit… L’odeur est atrocement nauséabonde… Les sang s’infiltre à travers la toiture… Arrivés à Arvayeer, on change de voiture, et on finit à 5, avec chacun des bagages, dans l’équivalent d’une smart… Mais on finit par arriver, épuisés, le soir bien après le coucher du soleil. On s’offre une nuit dans un «vrai» hôtel pour se remettre de nos émotions !

Le lendemain on retourne dans les guesthouses ou on revoit Lae, Kévin, Laura, et bien d’autres.
Un fait marquant : un beau jour on me vole mes habits… mais restons optimistes : mon sac est plus léger du coup…!

On fait aussi la rencontre de Mattia, un Italien super cool, marrant, et aussi débile que nous. Il a la même coupe de cheveux que le gars qui veut tuer Bart Simpson…
Bref, on rigole bien et on décide de visiter le désert de Gobi ensembles, et puis on verra bien pour la suite !

Donc finalement on prend le train direction Sainshand, qui se trouve en plein milieu du Gobi, et sur la route vers la Chine.
TDM - MongolieEn Mongolie, la végétation était déjà bien rase, mais là, en s’approchant du Gobi, elle se raréfie encore plus.

Le lendemain, on prend un mini-van pour aller visiter le Gobi jusqu’au monastère de Khamarin Khiid. Sur le chemin, on voit l’étendue du Gobi : au premier abord, c’est impressionnant, un vrai désert pur et dur, avec absolument…. RIEN à perte de vue !
TDM - MongolieOn peut quand même observer quelques rares dunes de sable.
TDM - MongoliePuis finalement, lorsqu’on se pose et on observe, la beauté du désert nous parvient peu à peu. En s’approchant du temple, les couleurs deviennent complètement hallucinantes : nuages blancs, ciel bleu, puis les dunes prennent une multitude de tons beiges, jaunes, oranges, pour finir avec des rochers rouges et noirs…
TDM - MongolieEt contre toute attente, on remarque qu’il y a pas mas de vie dans ce rude désert : lézards, criquets, insectes,…

Finalement on arrive à ce monastère complètement perdu en plein milieu du désert.
TDM - MongolieEt gardé par deux impressionnants lions.
TDM - MongolieOn traîne un peu dans ce vaste temple quasiment vide, en profitant du paysage alentours.
TDM - MongolieLe chauffeur du mini-van nous emmène à d’autres endroits perdus dans le désert. Toujours très isolés, et faisant toujours partie de ce même monastère… Des succursales en quelque sorte !
TDM - MongolieLe lendemain, on quitte la Mongolie pour retourner à la civilisation de la Chine bouillonnante.

 

La suite de l’aventure ici : Chine : Buuuudha!
L’étape précédente : Mongolie : Steppes et Gengis Khan

 

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